jeudi 26 avril 2012

L'aventure oubliée de la Nouvelle-France

   Aujourd'hui, je vous laisse profiter de l'article dont je parlais dans mon dernier post!
En effet, la rédaction du magazine L'Histoire nous a aimablement autorisé à reproduire ici la première page de son article concernant la Nouvelle-France.

   Rien que pour vos beaux yeux, très chers futurs lecteurs de notre BD, l'article est exceptionnellement consultable en intégralité et gratuitement sur le site du magazine à cette adresse :  http://www.histoire.presse.fr/les-collections-de-lhistoire/54/laventure-oubliee-de-la-nouvelle-france-05-01-2012-42239


   








     Nous remercions la rédaction et en particulier Gilles Havard et Ariane Mathieu.
http://www.histoire.presse.fr/

















     Sorry, there is no english version of this article.

jeudi 19 avril 2012


Je tiens à ajouter que ce n'est qu'une supposition logique de tout ce que j'ai pu voir. Donc si une costumière (ou un costumier) passe par là et me dit que je me suis trompée , il n'y a aucun souci pour que je rectifie. 
Donc quand on voit des scènes dans des films où les hommes déshabillent facilement les femmes en costume c'est faux, ça devait prendre des plombes juste pour délacer le corset , ou sinon une servante était déjà passée avant...

Un super site avec des costumes magnifiques

I should add that it is only logical assumption of all I've ever seen. So if a wardrobe master see this note and tells me I am mistakenthere is no problem for that I correct.
Thus when we see scenes in movies where the men undress easily the women in costume it is false, that had to take longtime to loosen the corset, or otherwise a handmaid had before already come...

A great website with awesome wardrobes :

jeudi 12 avril 2012

La Nouvelle-France, aventure coloniale

Ce qui me frappe en voyant se dégager les thèmes principaux de l'histoire de notre héroïne, ce sont les échos extrêmement contemporains qu'on y retrouve.

C'est un peu comme si l'histoire de Marie-Angélique, alors qu'elle est unique et très originale en soi, était finalement très représentative de toute l'histoire de son peuple. Et, au-delà de son peuple d'origine, elle en dit également beaucoup de toute la société française et de l'Histoire de ses rapports aux autres peuples et nations.

Laissons de côté toute l'histoire de l'Amérique après la Geurre d'Indépendance et l'histoire des colons d'origine britannique pour ne nous intéresser qu'aux colons français et aux nations autochtones...

On découvre des rapports très complexes et parfois ambigus.
N'étant pas moi-même historienne, je parle sous caution des diverses lectures que j'ai faites et notamment de l'article très intéressant paru en décembre 2011 dans le hors-série du magazine L'Histoire Les Collections consacré aux Indiens d'Amérique. L'article en question est titré "L'Aventure oubliée de la Nouvelle-france" et signé par Gilles Havard, chercheur au CNRS et membre de Mascipo (Mondes américains. Société, circulations, pouvoirs).
Note : les passages en italique sont des citations de son article.

Il y décrit le jeu complexe des alliances entre certains tribus américaines avec les Anglais ou les Français. Les deux puissances européennes utilisèrent les forces des indiens pour se battre entre elles, mais les diverses nations amérindiennes utilisèrent également l'armement et l'aide de leur allié respectif pour régler des comptes ancestraux avec les nations rivales.

Pour en revenir plus précisément à nos Renards, il semble que la guerre qui aboutit au massacre d'une bonne partie d'entre eux ait démarrée lorsqu'ils décidèrent d'apporter leur aide aux Mascoutens alors en conflit avec les Outaouais.
Ces derniers étant alliés des Français, ils reçurent leur aide et, malgré les réticences premières des soldats français à qui le Roi avait ordonné d'entretenir les meilleures relations possible avec les populations autochtones, l'impossibilité des négociations aboutit à un siège et un génocide abominable.

Les tentatives et offres de paix du Chef Pémoussa furent toutes rejetées par les chefs des tribus alliées des Français.
Cependant, il est vrai que les Français avaient eux-mêmes un fort intérêt à chasser les Renards de la région pour faciliter la traite des fourrures vers leurs autres colonies, au Sud du Mississipi.


Cependant, au-delà de ces considérations économiques et stratégiques, la politique du Royaume de France envers les amérindiens était apparemment assez singulière. "Maintenir une bonne union avec tous les sauvages, voilà la clé pour assurer le bonheur et la sûreté de cette colonie", auraient affirmé les administrateurs du Canada en 1708.

Les Français préféraient donc conclure des alliances économiques avec les indiens, achetant leurs peaux aux trappeurs, essayant de les christianiser mais adoptant également fréquemment leurs coutumes pour gagner leur confiance.

"Chaque année, au XVIIIème siècle, près de 10% du budget des colonies est consacrée aux cadeaux destinés aux indiens" lors de grands rassemblements à la fois commerciaux et rituels mêlant traditions françaises et indiennes.

Lors de la Grande Paix de Montréal, le chef Renard Miskouensa fit sensation en arborant à la fois les peintures de guerre rouges de sa tribu et une perruque poudrée dont il se servit comme d'un chapeau pour saluer ses homologues français.

De leur côtés, les militaires et nobles français fument le calumet, offrent des ceintures rituelles et participent aux danses cérémonielles.

Des centaines de métis sont nés à cette époque, les soldats français et les femmes indiennes entretenant des relations régulièrement.

Les relations sont ambiguës car les Français veulent assimiler les "sauvages" et les christianiser mais ils adoptent eux-même nombre d'élément de leur mode de vie bien plus adapté à leur environnement.

L'intendant Champigny en 1699 note que "il arrive plus ordinairement qu'un Français se fasse sauvage, qu'un sauvage se fasse français". Et on retrouve parmi les colons ce mélange de fascination et de répulsion pour les autochtones qu'engendrera Marie-Angélique tout au long de sa vie. On considère son sang sauvage comme "mauvais" et on l'envie un peu, du même coup.

Ce n'est pas un hasard si le XVIIIème siècle a vu naître à la fois la Révolution et les Lumières, de si nombreuses réflexions sur l'Humain, sur les idées de Nature et Culture. La confrontation à ces nations "sauvages" colonisées et les réflexions qu'elle a engendrées conduisirent à des réflexions sur l'identité française elle-même. La figure du "sauvage devient dans le discours des élites à figure antithétique d'un sujet français idéalisé".

Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me rappelle certains discours actuels...


jeudi 5 avril 2012

essais colos


Toujours Marie Angélique en jeune et vieille , en Amérindienne et avec des habits occidentaux ...
Bon la prochaine fois, je fais un post juste sur les vêtements (et les perruques tiens.)

     Marie-Angélique, always, young girl version and old lady version, with native-american clothes then french clothes.
     Next time, i'll put only 18th's clothes (and wigs...).

jeudi 29 mars 2012

Mesquakie

Nous l'avons déjà évoqué : notre héroïne est issue de la Nation Mesquakie ou Fox dans la culture anglophone, connue comme Renard en France.

Aujourd'hui, nous vous proposons donc d'en apprendre un peu plus sur cette nation amérindienne originaire du Wisconsin et du Michigan, au sud-ouest des Grands Lacs.

Ce peuple est connu essentiellement à travers la Guerre des Fox qui eut lieu entre 1712 et 1730 environ. Bien que l'un de leur principaux Chef, Pémoussa, tentât de négocier avec le commandant Dubuisson et le gouverneur général de la Nouvelle-France Vaudreuil, aucun accord ne fut jamais trouvé entre les belligérants.

Au XVIIIème siècle, alors que les colons de la Nouvelle-France entretenaient des rapports plutôt cordiaux avec les autochtones comme les Iroquois (après les guerres iroquoises du XVIIème), les Outaouais ou les Illinois et établissaient des collaborations commerciales avec eux, les Renards opposaient une résistance farouche et leur bloquaient l'accès à la rivière Fox permettant aux bateaux français de passer de la région du Saint-Laurent vers le Mississippi pour transporter les marchandises vers les colonies de Louisiane.

Les Mascoutens et les Mesquakies étaient alliés de longue date et fréquemment en guerre contre les autres tribus des grands lacs, notamment les Outaouais qui comptaient parmi les meilleurs alliés des Français.
Une succession de circonstances dont nous reparlerons mena au siège et au massacre du campement Fox par les Français, les Outaouais et les Potéouatamis.

C'est durant cette période terrible pour son peuple que naquit Marie-Angélique, alors baptisée d'un nom mesquakie que nous ne connaîtrons jamais.

Sources en français
Biographie du chef Pémoussa :

E-book sur la guerre des Renards :

Biographie de Jaques-Charles Renaud Dubuisson :

Biographie du Marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France :

Communauté Mesquakie du Canada :

Culture Sauk et Mesquakie :

La Grande paix de Montréal :




Mesquakie

As we previously said our heroine comes from one Native American Nation, the Mesquakie,
named "Renards" in French and "Fox" in English.

We are inviting you to join us to learn a little bit more about this Native Nation
who was living in the current Wisconsina and Michigan US States, in South-West of the
Great Lakes.

This Nation is mostly known for the War that was underway by 1712
and ended in 1730 between them and the French Army.
Although one of the upper Fox leader tried to negociate with
the French local army leader Commandant Dubuisson and Mr Vaudreuil,
the local French gouvernor, no agreement has been signed between the belligerents
and war did not stop.

During the 18th Century, relationships between the French emigrants
and Natives Nations of the Iroquois (defeated during the 17th Century), the
Outaouais or the Illinois were globally peaceful and some business was
dealt. However the Foxes were strongly fighting with the Frenchs and
blocked the access to the Fox River. This access was important for the
Frenchs as it would have allow them to transport by boat goods and people
from the Saint Laurent colony in North to the Louisianne in South thanks to
the Mississippi River without using road of see boat along the English Colony coasts.

An other Native Nation, the Mascoutens, were allied to the Mesquakies for a
long time and were together frequently in war with other neighboring Native Nations and
especially the Outaouais who were allied to the Frenchs.
This situation and a serie of events we will discuss further later was the cause of the
massacre of the Fox camp by the Frenchs, the Outaouais and the Poteouatamis.

A Mesquakie child was born in the middle of this period. We will
never know how she was initially called but she is known in the History Book
by the name that some Europeans gave to her later: Marie-Angélique!


Sources in english

Ebook, The Fox War :

Chief Pemoussa's biography :

Jaques-Charles Renaud Dubuisson's biography

Marquis de Vaudreuil's biography

Great peace of Montreal :

Different names of Fox :

Forum italien riche en iconographie : http://www.farwest.it/new/index.php?topic=3160.75

jeudi 22 mars 2012

Marie Angélique 01



Et on commence par des croquis d'attitudes de Marie-Angélique, qui ne devait certainement pas porter ce nom dans sa tribu d'origine . 

Ici seront donc compilés les liens et autres informations contextuelles de l'époque qui ne pourront être développées dans le roman graphique. Je me répète je sais mais au moins que ce soit clair. 

Nous vous donnons rendez-vous tous les jeudis pour de nouveaux crobards ou infos !! 




So let's begin by some models sheets of this young Fox girl Marie-Angélique who certainly not had this french name when she lived in her original tribe.

Here we'll gather links and others informations about her time which can't be developed in the graphic book. 

See you next Thursday for another roughs or informations !!   

jeudi 1 mars 2012

Sur les traces de l'enfant sauvage

Quand on entend parler de l'histoire de "La Fille sauvage de Songy", curieusement oubliée par l'Histoire malgré sa grande célébrité au XVIIIème, on ne peut qu'être fasciné.

Au XXème siècle, un médecin s'est pris de passion pour cette histoire et, après 10 ans d'investigations farouches, a livré une biographie de Marie-Angélique Memmie LeBlanc sous le nom de Serges Aroles. C'est ainsi que le voile a été levé sur les parts d'ombres de son histoire puisqu'au XVIIIème, lorsque sa vie a été écrite et publiée sous le nom Mme Hecquet et en collaboration avec Marie-Angélique elle-même mais à la mémoire défaillante, on l'a crue Esquimaude ou Norvégienne alors qu'il n'en est rien et que certains papiers administratifs ont été modifiés pour des raisons que vous découvrirez à la lecture de la fiction que nous tirerons de son histoire.

Aussi, quand il s'agit de raconter son incroyable destin en bande dessinée, à force de se plonger dans moult recherches documentaires, on a vite fait d'être totalement absorbé par le tumulte des évènements qu'elle a traversé!


Il n'est parfois pas aisé de s'y retrouver mais l'exploration est toujours passionnante et l'idée de partager tout cela à travers une fiction, très excitante.

On se laisse entraîner sur ses traces depuis les plaines du Wisconsin, pendant les guerres entre Anglais et Français et leurs rapports complexes aux autochtones dont fait partie la nation de Marie-Angélique, les Mesquakies, devenus "Fox" ou "Renards" pour les langues occidentales jusqu'à un Paris où grondent déjà les prémices de la Révolution de 1789.

Entre ces deux époques, elle aura connu maints lieux et évènements marquants de son siècle mais ce qui constitue le caractère unique de son histoire, ce sont les dix ans qu'elle a passé à errer dans les forêts de France en compagnie d'une autre adolescente de son âge, de neuf à dix-neuf ans et, surtout, le fait que cette expérience n'ait pas émoussé son esprit.

Après dix ans à vivre comme un animal sauvage, chassant, pêchant, vivant dans des arbres et des terriers, elle a retrouvé toutes les facultés intellectuelles d'une femme de son âge, réapprenant à lire, écrire et compter, à broder et effectuer diverses travaux minutieux.

Lorsqu'on part à la découverte de son passé, on comprend un peu mieux d'où elle a put tenir ses extraordinaires aptitudes à la vie en forêt. Certaines connaissances qu'elle a su mettre en oeuvre lui venaient du mode de vie séculaire de sa tribu amérindienne.

Elle-même, à son arrivée à Songy, ne conserve que de vagues souvenirs de sa vie avant l'errance en forêt et, au dix-huitième comme au ving-et-unième siècle, il faut reconstituer son histoire avec force investigations pour en percer les secrets.


Références :

La page Wikipedia sur ce personnage et le livre de Serge Aroles
Serge Aroles, Marie-Angélique (Haut-Mississippi, 1712 - Paris, 1775). Survie et résurrection d'une enfant perdue dix années en forêt, 2004 (ISBN 2 915587 019).
La biographie de Marie-Angélique, avec 30 documents d'archives en fac-similé

La biogaphie partielle parue du vivant de Marie-Angélique
Marie-Catherine Hecquet (parfois également attribué à Charles-Marie de la Condamine), Histoire d'une jeune fille sauvage: trouvée dans les bois à l'âge de dix ans, 1755

Note : l'erreur majeure de ce livre est d'attribuer 10 ans à Marie-Angélique lors de sa capture alors qu'elle en a 19.



Wild child's way

When we're told about the wild girl of Champagne's story, strangely forgotten by History despite of her celebrity at 18th, we can only be fascinated.

In the 20th century, a doctor has developed a passion for this story and, after 10 years of investigations, gave a biography of Marie-Angelique Memmie LeBlanc signed Serges Aroles. He discovered important informations about this story. When his life was written and published under the name Mrs. Hecquet and in collaboration with Marie-Angelique itself, some false informations were done. Marie-Angélique's memory was failing and some administrative documents were tampered for the reason you will discover to reading the fiction we'll write and draw.

And when we have to tell her story by comics book, we're quickly taken by the many events she passed trough !

It's not always easy to stay focused but research is always amazing and the idea to share this trough a fiction is really exciting.

She takes us from Wisconsin's plains, during wars between French settlers and the Mesquakie, the Native American people of Marie-Angélique, to Paris, where 1789 French Revolution is yet beginning.

Between these two periods, she lived in many places and significant events of this century but the most meaningful episode of her story is the ten years she spent in french forests with another girl of her age, from nine to nineteen years old, without dulling her mind.

After ten years living like a wild animal, hunting, fishing, living in trees and burrows, she found back all her intellectual faculties, re-learning to read, write and count, embroidery and other meticulous handiwork.

When we explore her past, we understand a little more how she got her extraordinary abilities living in the forest. Some skills that she had directly came from the secular lifestyle of her Native American tribe.

U
pon her arrival at Songy, she remains only vague memories of her life before wandering in the forest and, in the eighteenth as in the twenty-first century, we must rebuild her story by many investigations to unlock those secrets.



Links :

Wikipedia's page about this personnage and Serge Aroles's book

The biography of Marie-Angélique, with 30 facsimile of archives documents and shelfmarks of hundreds other archives hold in France Aroles, Serge (2004) (in fr). Marie-Angélique (Haut-Mississippi, 1712 - Paris, 1775). Survie et résurrection d'une enfant perdue dix années en forêt. ISBN 2 915587 019.

Marie-Angélique's uncomplete biography published durint 18th century
Marie-Catherine Hecquet (sometimes attribuate to Charles-Marie de la Condamine), Histoire d'une jeune fille sauvage: trouvée dans les bois à l'âge de dix ans, 1755 (in french)

Note : the main error in this book is giving Marie-Angélique 9 years old instead of 19.